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Dans les coulisses de l’Histoire européenne

Combattants marocains contre le nazisme…

Près de soixante ans après la fin de la Deuxième guerre mondiale et une trop longue période d’oubli, le souvenir des soldats (musulmans, juifs…) d’Afrique émerge. Très timidement. Quasi ignoré par les pouvoirs publics, ce souvenir est entretenu par des initiatives citoyennes.


Koksyde – juin 2003 - Monument en l’honneur des tirailleurs et des zouaves nord-africains, musulmans et juifs, combattant alors dans des régiments mixtes pour libérer l’Europe envahie (photo : Manuel Abramowicz).

La Deuxième guerre mondiale n’a pas été gagnée que par le sacrifice des soldats de l’US Army débarquant sur les plages normandes, en juin 1944. A l’instar de milliers de combattants civiles (résistants, partisans…), des milliers de combattants étrangers, notamment venus d’Afrique (du nord et centrale), ont aussi bouté hors de nos frontières l’envahisseur nazi. Déjà en 14-18, les bataillons étrangers, provenant des colonies d’antan, combattirent sur le sol européen. Parmi eux, il y avait également des régiments mixtes de tirailleurs et de zouaves, composés de juifs et de musulmans d’Afrique du nord. Ensemble, ils combattirent côte à côte sur le même front.

Les soldats de l’Armée oubliée
Sous l’égide officielle du combat pour la liberté, ces soldats sont devenus de véritables chaire à canon, comme les autres. Morts pour des patries qui pillaient les richesses naturelles de leur pays et sur-exploitaient la force de travail locale, ces combattants d’outre-Méditerranéen furent directement oubliés en 1918 d’abord, en 1945 ensuite.


Un groupe de tirailleurs marocains posant pour une carte postale de propagande.

Cette main d’œuvre de l’industrie militaire européenne n’a que rarement été honorée pour finir. Elle a trop souvent été oubliée et ignorée. Reconnaître ces soldats là aurait de fait donné lieu à l’obligation de reconnaître les injustices subies par les peuples des colonies européennes. La mise en relief des militaires marocains, algériens, mais aussi indochinois… aurait rappelé à l’Europe coloniale ses propres occupations territoriales ; ses propres indignités. Les survivants des « armées d’Afrique », des « soldats de seconde zone », ne seront donc pas honorés et ne bénéficieront jamais du même traitement que celui octroyé à nos anciens combattants.

Soixante ans après la boucherie de 39-45 et près de cent années après celle de 14-18, des souvenirs s’expriment enfin pour se rappeler au « bon souvenir » de nos démocraties le sacrifice des combattants venus d’Afrique et d’ailleurs. Des hommages sont ainsi organisés et la revendication de l’égalité des droits de ces soldats désormais évoquée. Un peu tard, peut-être ? Anciens combattants comme les autres, la plupart d’entre eux arrivent aujourd’hui au bout de leur vie. L’hommage sera donc souvent post mortem…


Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – www.resistances.be – Bruxelles – 5 novembre 2004



 

 

Hommage télévisé
aux tirailleurs marocains


Portrait d’un tirailleur marocain.

Le 11 novembre 2005
Soirée spéciale commémoration sur La Deux (RTBF)

20 h 30 - Case Histoire
« Fusillés pour l’exemple »
La répression et l’exécution des milliers de soldats français par leur propre troupe pour renforcer l’ardeur au combat.

21 h 30 - Case Portrait
« La Bataille de Gembloux, de la réalité à la fiction »

Au mois de mai 1940 l’armée allemande envahissait la Belgique. À Gembloux, la 1ère division des tirailleurs marocains, composée des soldats marocains recrutés dans l’armée française et des soldats français, fait face à l’armée allemande. La bataille de Gembloux est considérée comme la 1ère victoire tactique contre l’avancée des armées nazis.

Ben Hamidou et Sam Touzani, comédiens belges d’origine marocaine ont été interpellés par le récit d’un vieux buveur de thé sur le marché de Molenbeek.

Et c’est ainsi qu’ils ont décidé de faire revivre un épisode oublié de la seconde guerre mondiale, la participation des tirailleurs marocains à la Bataille de Gembloux.

Fidèles à l’esprit de cette pièce à succès, les artisans de « 1001 Cultures » ont donné ici l’occasion aux deux acteurs d’amplifier leurs propos à travers des témoignages de tirailleurs survivants mais aussi d’habitants de Gembloux qui, médusés, voyaient ces gens « pas comme nous » venir les sauver des chars allemands.

Ces poignants témoignages sont placés dans le contexte de l’époque à l’aide d’images d’archives et complétés de larges extraits de la pièce.

Une réalisation de l’équipe de « 1001 Cultures ». Réalisation : Mehrdad Taghian Production : Khiti-Amina Benhachem

Première diffusion
(sur La Deux – RTBF)
Jeudi 11 novembre 2004 - vers 21h30

Rediffusions (sur La Deux – RTBF) Vendredi 12 novembre 2004 - vers 11h30
Lundi 15 novembre 2004 - vers 11h35
Mardi 16 novembre 2004 - vers 10h35