RésistanceS.be 22-04-2010

Extrême droite et antisémitisme à l'Est

«La clique juive mène le génocide du peuple ukrainien»


Un leader ouest-ukrainien appelle à la lutte contre les «youpins». Ilya Peroun, spécialiste de l'Europe de l'Est et correspondant de RésistanceS.be, nous informe du mouvement de banalisation et de réhabilitation du passé nazi d'une partie de l'Ukraine. Opération réalisée avec le soutien du mouvement «orange», pro-occidental et soutenu par l'Union européenne et les États-Unis.

 

Les «héros» de la «révolution orange», Viktor Iouchtchenko et Ioulia Timochenko, participent-ils aujourd'hui à la réhabilitation des nazis ukrainiens actifs durant la Guerre 40-45 ?


«La clique juive mène le génocide du peuple ukrainien», tel est le propos récent, tenu en décembre dernier, d’une personnalité politique ouest-ukrainienne, Serguei Ratouchniak, maire d’Oujgorod, une ville d’Ukraine occidentale de 120.000 habitants, capitale de la Transcarpatie. Dans ce propos, on sent l’héritage de la grande tradition nazie, encore vivace dans ces régions d’Europe centrale (comme la Roumanie, la Slovaquie et la Hongrie voisines immédiates).

Dans l’autre région ouest-ukrainienne de Galicie, la patrie de Stepan Bandera, dirigeant nazi ukrainien durant la Guerre 40-45, les influences néonazies et national-fascistes sont encore plus prononcées.

Ni marginal ni folklorique
Les autorités de Lviv (ex-Lvov, ex-Lwow) et d’Ivano-Frankivsk (ex-Ivano-Frankovsk, ex-Stanislawow) organisent des célébrations de Stepan Bandera et de la Waffen SS «Galitchina» (Galizien, la division SS nazie ukrainienne durant la Seconde Guerre mondiale), et battent campagne pour la défense d’Ivan Demjianiouk, l’ancien gardien du centre d’extermination de Juifs de Sobibor récemment extradé des Etats-Unis vers l’Allemagne pour y être jugé.

Cette mouvance n’a rien de marginal ni de folklorique. Elle est à la tête de plusieurs pouvoirs locaux et régionaux. Si ses formations « ultras » ne sont guère influentes à l’échelle de toute l’Ukraine (elles sont très minoritaires partout ailleurs), elles sont cependant représentées au sein des grandes formations nationale-démocrates « oranges » et bénéficient de soutiens occidentaux en tant que « fers de lance » de la russophobie en Ukraine, sur la base de raisons géostratégiques ! Elles ont bénéficié du patronage de l’ex-président Viktor Iouchtchenko.

Défilé pro-SS le 28 avril
Selon certaines sources, Ioulia Timochenko, leader féminin de la «révolution orange», serait prête à prendre le relais du «combat national». Quant au nouveau président Viktor Ianoukovitch, leader du Parti des Régions hostile aux ultranationalistes, on l’attend au tournant : osera-t-il annuler le titre de «héros national» accordé à Bandera ? Quelle position prendra-t-il face au défilé annuel, prévu le 28 avril prochain à Lviv, de la Waffen SS «Galitchina» ?

Ilya Peroun
Correspondant de RésistanceS.be
spécialiste de l'Europe de l'Est

Pressions polonaises sur le Parlement européen

La consécration, par l’ex-président Viktor Iouchtchenko, du leader national-fasciste Stepan Bandera comme «héros national» a été désapprouvée par la Parlement européen. Comment expliquer cette entorse à la complaisance occidentale habituelle ?

C’est très simple. L’initiative de cette désapprobation est d'origine polonaise. En effet, Varsovie considère les «banderistes» comme auteurs du «génocide des Polonais de Volhynie» en 1943. L’«ami» ukrainien des Polonais, Viktor Iouchtchenko, a donc sérieusement «gaffé». Mais la position du Parlement européen, qui n’a eu aucune répercussion médiatique chez nous, soulève un tollé en Ukraine occidentale. Les nationalistes radicaux promettent un «soulèvement» si le nouveau président Viktor Ianoukovitch «ose» suivre la demande du Parlement européen d'«annuler la sacralisation de Stepan Bandera».

Cela devrait intervenir, en principe, avant le 9 mai prochain, «Jour de Victoire sur le fascisme», les soixante-cinq ans de l’anniversaire de la capitulation nazie en 1945, qui sera célébré avec éclat, tant à Kiev qu’à Moscou.

I.P


© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 22 avril 2010.

Affiche de la SS ukrainienne. Les nazis d’hier sont aujourd'hui devenus les héros du combat national en Ukraine.


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