RésistanceS 27-02-2007

Conflits au Vlaams Belang

Le ''Dewinter Blok'' mis sur la touche


Au lendemain des dernières élections communales (octobre 2006), RésistanceS publiait son analyse détaillée sur celles-ci . Une analyse en ''huit enseignements''. Le dernier s'intitulait ''Le « Dewinter Blok » mis sur la touche''. A l'occasion de notre dossier ''Zizanie au Vlaams Blok/Belang'', nous le reproduisons ci-dessous, complété de sous-titres.


Filip Dewinter (au centre), meneur de la tendance radicale du VB, lors d'une rencontre dans les années 1990 avec AGIR, parti wallon d'extrême droite. Bientôt mis en minorité ? © Photo Georges Berghezan

Filip Dewinter est arrivé à la tête du Vlaams Blok au milieu des années 1980, adoubé par Karel Dillen, le président-fondateur du parti. Influencé par Jean-Marie le Pen, il prend les rênes du pouvoir du parti nationaliste flamand et le transforme en une formation politique moderne de ''droite nationale''. Pour cela, il y installe ses ''potes'' du NSV, une association d'étudiants adeptes de la croix celtique néofasciste, les purs et durs du nationalisme flamand. L'ascension du jeune Dewinter ne va pas faire que des heureux.

Fidèle du combat nationaliste ''100 % flamand'', la vieille garde du parti va exprimer, jour après jour, son opposition au clan Dewinter. Les Anversois du VB diront même à Filip Dewinter de retourner chez lui, à Bruges. En effet, ils ne souhaitent pas que celui-ci utilise le fief historique des nationalistes nordistes pour son plan de carrière personnel. Rien n'y fait.

Dewinter est le plus fort et s'impose au sommet du VB dans la métropole portuaire. Anvers deviendra son repère, son QG. En 1989, ses premiers opposants internes jettent le gant et partent fonder un mouvement dissident, le Nationalistisch verbond. Son existence sera de courte durée.


Dewinter diabolique ?
En interne, les anti-Dewinter restent toujours présents jusqu'à aujourd'hui. Ils font partie de tous les courants du parti. Certains estiment que Filip Dewinter a abandonné la ''ligne dure'' pour se soumettre au politiquement correct. D'autres par contre dénoncent ses relations fraternelles avec des organisations néofascistes, païennes et antichrétiennes. Aujourd'hui, ils sont de plus en plus nombreux à considérer Filip Dewinter comme étant le principal responsable de la diabolisation du VB. Diabolisation qui l'isole dans le paysage politique et le maintient éternellement dans l'opposition. Même Franck Van Hecke (le président VB) et Gerolf Annemans (le n°3 du parti), désormais, témoignent de l’irritation face à la ''stratégie dewinterienne''.

La pression vient aussi de la nébuleuse externe – mais influente – du VB : le Vlaamse Volksbeweging (VVB), le mouvement passerelle entre les différents courants nationalistes, a désapprouvé publiquement Filip Dewinter, après son échec anversois du 8 octobre. L'un des dirigeants du VVB, Dirk Laeremans, souhaite même que Dewinter, devenu un mauvais joueur pour l'''équipe national-flamande'', quitte le terrain et retourne dans les vestiaires, voire en Division 3. Dewinter est dorénavant le vilain petit canard des ultras du nationalisme nordiste, qui le considèrent comme un barrage placé sur le chemin devant conduire à l'indépendance de la Flandre.

''Begin van het einde''
Soucieux d'arriver rapidement au pouvoir après bientôt trente ans d'opposition, le clan des ''modérés'' va maintenant profiter de cet échec pour tenter de mettre de côté Dewinter. Le compte à rebours annonçant la dégringolade du ''golden boy'' de l'extrême droite flamande est-il lancé ?

Au lendemain des élections communales, Luc Van der Kelen, éditorialiste du quotidien ''Het Laatste Nieuws'', déclarait ainsi au sujet de l’échec électoral de Dewinter : ''Begin van het einde'' (le début de la fin) et que ''le crépuscule des dieux semble entamé pour Filip Dewinter''. Alors demain, la fin du ''Dewinter Blok'' ? L'avenir du parcours du Vlaams Belang devra être observé avec un grand intérêt.

Manuel ABRAMOWICZ

© RésistanceS – L'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Extrait de l'article de RésistanceS : ''Extrême droite: Stop ou encore ?'' (publié le 21 octobre 2006, l). Cet extrait a été mis en ligne le 27 février 2007 à l'occasion du dossier « Zizanie au Vlaams Blok/Belang''.

 

 

 


© Vedeze (www.vedeze.be).


Dossier
Zizanie au Vlaams Blok/Belang
Sur RésistanceS.be

Zizanie sous chape de plomb – Enquête sur les actuels conflits internes au Vlaams Belang (27/02/2007).

Inventaire des conflits internes au sein du VB, de 1978 à nos jours (27/02/2007).

Le ''Dewinter Blok'' mis sur la touche (21/10/2006)

Les harkis francophones du bloc flamand (03/10/2006)

Le Vlaams Belang ne parle plus d’une même voix - Entre radicaux et ''modérés'', le torchon brûle (26/03/2005)

Demol(i) en six questions (RésistanceS – papier – n°6 – printemps 1999)

Blok, la zizanie continue (RésistanceS – papier – n°4 – automne 1998)