RésistanceS 12-05-2009

Radioscopie


«Wallonie d'abord !» , l'extrême droite régionaliste


Récemment apparue dans le paysage politique, «Wallonie d'abord !» est un mouvement provenant en droite ligne de l'extrême droite. Ses dirigeants sont tous d'anciens membres de la direction et d'ex-parlementaires du Front national de Daniel Féret. Depuis, ils tentent de camoufler la véritable nature idéologique de leur mouvement. Enquête de RésistanceS.be sur une liste électorale qui sera présente le 7 juin prochain.



Affiches pour les élections européennes du mois prochain de «Wallonie d'abord !», un nouveau mouvement d'extrême droite © Photo Tractothèque (http://tractotheque.blogspot.com).


Les dirigeants de «Wallonie d'abord !» réfutent toute appartenance à l'extrême droite. Et l'affirment avec énergie. Notamment en téléphonant avec insistance aux journalistes qui ont déjà parlé de cette liste électorale qui se présentera pour la première fois, le 7 juin prochain, aux élections européennes et régionales en Wallonie. Ce scrutin sera un test pour ce nouveau mouvement politique créé en 2008. En fait, celui-ci n'est pas si neuf que cela.


Né de Force nationale
Effectivement, «Wallonie d'abord !» est le nouveau nom de Force nationale. Cette dernière avait été fondée en 2004, par des membres du Bloc national (une structure qui n'existera que durant l'année 2004) et des dissidents du Front national de Daniel Féret, dont Francis Detraux, sénateur FN de 2003 à 2007, Jacqueline Merveille, une de ses anciennes secrétaires générales, et Juan Lemmens, député régional bruxellois du FN de 1995 à 1999. De 2004 à 2008, Force nationale fut actif et se présenta aux élections communales et provinciales de 2006. Cette dissidence du FN féretiste y obtint un conseiller communal et deux conseils provinciaux dans le Brabant wallon.

L'objectif de Force nationale était de remplacer le Front national. Constatant l'impossibilité de concurrencer le FN d'origine avec une forme de parti politique lui étant trop apparentée, les initiateurs de Force nationale changèrent de stratégie en adoptant un tournant régionaliste en général, wallingant en particulier. C'est ainsi que l'année dernière est né le mouvement «Wallonie d'abord !» autour de Juan Lemmens, Christian Haudegand, Jacqueline Merveille et Francis Detraux (voir ci-dessous notre encadré les concernant).

A l'époque déjà, Force nationale, bien que ses liens avec le Front national étaient évidents, tant sur la forme que sur le fond, tentait de se faire passer pour un parti démocratique en affirmant, dans ses écrits, respecter la Déclaration universelle des Droits de l'Homme. Cependant, ni les dirigeants de Force nationale à l'époque ni ceux de «Wallonie d'abord !» aujourd'hui (qui sont grosso modo les mêmes) n'ont produit une déclaration officielle informant qu'ils rompaient définitivement avec l'extrême droite.


Photo extraite du «Bastion», le journal du Front nouveau de Belgique (FNB), de gauche à droite : Marguerite Bastien (présidente-fondatrice du FNB), Roger Nols (qui venait d'adhérer au FNB) et Juan Lemmens, lors d'une réunion de ce parti en novembre 1998 – Doc. : Archives RIDAF.


Camouflage wallon
Les écrits politiques de «Wallonie d'abord !» sont peu nombreux. A part une présence minimaliste sur Internet, l'activité de ce mouvement semble fort limitée. Il ne s'est pas doté d'un organe de presse, contrairement aux autres partis et mouvements d'extrême droite, et son site Internet ne présente qu'une home page, sans aucun document permettant de prendre connaissance du programme réel et des orientations idéologiques de ce mouvement. Malgré une expression politique fort réduite depuis sa création en 2008, il a néanmoins réussi à réunir plus de 5000 signatures pour pouvoir présenter une liste aux élections européennes, et des milliers d'autres pour les élections régionales. Il faut savoir qu'il est plus aisé de trouver des signataires en Wallonie pour une liste de type régionaliste et avec un nom pouvant séduire un électorat wallon que pour le Front national, un parti diabolisé et dont la réputation en matière de récolte de signatures est entachée par des pratiques douteuses en la matière.

Dans la Région de Bruxelles-capitale, «Wallonie d'abord !» avait le projet de déposer dans un premier temps une liste au nom de « Bruxelles d'abord ». Mais, le mouvement n'a pas été capable de récolter les 500 signatures de citoyens nécessaires pour pouvoir être en lice le 7 juin prochain.

Son programme électoral est quant à lui caractérisé par sa quasi inexistence. Seul son manifeste de fondation peut aujourd'hui démontrer que «Wallonie d'abord !» se singularise par une prose classique de l'extrême droite contemporaine.

Extraits du manifeste de fondation de «Wallonie d'abord !» :

«Wallonie d'abord !» est née de la constatation que les partis politiques actuels ont conduit la Wallonie à la faillite et sont incapables de résoudre les maux qui rongent la Wallonie : chômage, immigration abusive, santé, insécurité, etc…»

«La Wallonie doit rester wallonne, belge et européenne. Elle n'a pas vocation à accueillir des populations majoritairement inassimilables qui posent de graves problèmes de cohabitation, de sécurité et de coût social pour notre communauté

«Nous sommes fermement opposés à l'extension du droit de vote aux résidents non-européens.»

«Nous voulons que la Wallonie prenne ses distances avec une politique de connivence envers les immigrés qui a montré ses limites.»

«Pour ramener la sécurité dans nos villes et communes, il faudra appliquer une politique de tolérance zéro. Cela veut dire réagir contre chaque forme de criminalité, vandalisme ou délabrement».

 

 


Capture d'écran, le 11 mai 2009, du site de Christian Haudegand, tête de liste de «Wallonie d'abord !» pour le Parlement européen.

Un autre lien direct qui permet de classer «Wallonie d'abord !» à l'extrême droite est le modèle politique qu’elle s’est choisi : Alsace d'abord. Le choix du nom, le logo et l'orientation national-régionaliste de «Wallonie d'abord !» sont en effet identiques à ceux d'Alsace d'abord. Il ne peut s'agir de similitudes qui seraient le fruit du hasard.


Le modèle : Alsace d'abord !
Fondée en 1989, Alsace d'abord est alors dirigée par Robert Spieler, un député du Front national français qui fit dissidence. A la fin des années 1990, il recevra l'appui de transfuges du Mouvement national républicain (MNR), le parti d'extrême droite fondé par Bruno Mégret, l'ex-numéro deux du FN de Jean-Marie Le Pen. Avec ses slogans radicaux anti-immigrés, Alsace d'abord développe un nationalisme de type régionaliste, dans le cadre d'une vocation européenne. Pour lui, « menacée par l’immigration non européenne », l'identité alsacienne et française doivent entrer en résistance. Pas étonnant alors qu'Alsace d'abord collabore, depuis 2007, avec le Bloc identitaire, une organisation qui regroupe les purs et durs du nationalisme en France. Revendiquant une Europe des ethnies, ce mouvement alsacien est en très bons termes avec le Vlaams Belang. Lors de la convention de ce dernier, organisée au Parlement flamand le 25 avril dernier, pour présenter son programme électoral pour les élections régionales du 7 juin prochain, Christian Chaton, le vice-président et conseiller général du Haut-Rhin d'Alsace d'abord, était parmi les invités de marque venus de l'étranger pour y assister. Jeune Alsace, l'organisation de jeunesse d'Alsace d'abord, multiplie les contacts fraternels et politiques avec les Vlaams Belang jongeren (VBJ).


Est-ce vraiment un hasard ? Le modèle de «Wallonie d'abord !» est Alsace d'abord, un mouvement national-régionaliste d'extrême droite lié au Vlaams Belang. Sur notre illustration : affiches de ces deux mouvements – Doc. : RésistanceS.

Malgré ses liens directs avec l'extrême droite la plus illustrative, «Wallonie d'abord !» a pour stratégie de se démarquer de celle-ci et de se dissocier de l'image négative du Front national. D'où proviennent pourtant tous ses dirigeants et la plupart de ses candidats aux élections du mois prochain !

«Wallonie d'abord !» tentera de séduire un électorat sensible aux discours régionalistes wallons, de droite comme de gauche. Discours récupérés, depuis la disparition du Rassemblement wallon (le premier grand parti régionaliste du sud du pays), par le Parti socialiste (notamment avec l'adhésion dans les années 1980 de José Happart) et le Parti réformateur libéral (avec son fondateur Jean Gol, qui provenait du Rassemblement wallon). Le « wallingantisme » a donc été depuis bien longtemps recyclé dans des partis traditionnels. Quant à l'extrême droite, qui malgré tout lança des initiatives pour susciter un sursaut nationaliste wallon, l'échec fut finalement chaque fois au rendez-vous. Ce fut le cas avec AGIR qui se présentait comme un « front wallon » de 1989 à 1995 et avec le Bloc wallon (issu d'une des branches d'AGIR et de dissidence du FN) qui fit une expérience désastreuse aux élections communales de 2000... avant de disparaitre définitivement de la circulation politique. Sera-t-ce le cas de «Wallonie d'abord !» le 7 juin prochain ?

Alexandre Vick

 

Portraits

Les candidats de «Wallonie d'abord !» aux Européennes 2009

Le nouveau mouvement politique «Wallonie d'abord !» présente, pour les prochaines élections européennes, une liste constituée de huit candidats effectifs. La plupart d'entre eux proviennent en droite ligne de l'extrême droite belge, en particulier de Force nationale, du Front national et du Front nouveau de Belgique (FNB).


Juan Lemmens : 3e candidat sur la liste européenne de «Wallonie d'abord !»

Il peut être considéré comme l'éminence grise de «Wallonie d'abord !», comme il l’était déjà pour Force nationale. Issu des rangs de la Nouvelle Droite intellectuelle, il était actif dans les années 1980 à l'UDRT, un parti poujadiste qui eut un certain succès électoral. Juan Lemmens rejoindra ensuite le Front national de Daniel Féret. En 1995, il sera élu pour son compte député régional bruxellois. Ensuite, avant la fin de son mandat, en 1998, il passe pour quelques mois au Front nouveau de Belgique (FNB), présidé par Marguerite Bastien, députée fédérale dissidente du FN. Avec un autre député bruxellois sortant du FN, Emile Eloy, il met sur pied le Bloc nationaliste francophone et présente une liste portant le nom de « Bloc WL » aux élections régionales de 1999. Son échec est cuisant : 0,19 %. Reprenant son courage à deux mains, Juan Lemmens poursuit son projet de fonder une nouvelle force politique alternative au FN belge. Aux élections régionales de 2004, avec une poignée d'autres ex-frontistes renforcés par de nouveaux militants nationalistes, Lemmens propose aux électeurs un nouveau parti, le Bloc national. Le nom comme le logo sont quasi identiques à ceux du parti de Daniel Féret. Présent uniquement dans la circonscription de Liège, son score sera marginal : 0,26 %. Quelques mois plus tard, Lemmens participera à la création de Force Nationale, en 2004, avec le sénateur du Front national, Francis Detraux. S'octroyant le titre de secrétaire politique du nouveau parti d'extrême droite, en octobre 2006, Lemmens est élu conseiller provincial sur sa liste déposée dans le Brabant wallon. Aux élections législatives de 2007, Juan Lemmens menait la liste Force Nationale dans le Hainaut.


Comme les autres dirigeants de «Wallonie d'abord !» , Juan Lemmens provient du Front national de Daniel Féret. Extrait du tract bruxellois de ce parti pour les élections communales de 1994 – Doc. : Archives RIDAF.


Francis Detraux : 7e candidat effectif et 1er candidat suppléant de «Wallonie d'abord !»

Dans les années 1990-2000, il fut l'un des responsables wallons du Front national (avec son épouse Jacqueline Merveille : voir plus bas). Pendant un temps, Francis Detraux fut également l'un des trésoriers du FN. Il fut quelques fois candidat sur les listes du Front national, comme lors des élections européennes de 1999 et de 2004. A plusieurs reprises élu, il a représenté le Front national au Conseil provincial de Namur (de 1994 à 2000), au Conseil communal de la ville de Namur (entre 1999 et 2000) puis, premier candidat suppléant, il remplacera la tête de liste, Audrey Rorive, au poste de sénateur après les élections législatives de 2003. C'est lors de son mandat comme sénateur que Francis Detraux fit scission du Front national et participera en 2004 à la création de Force nationale. Il deviendra président de ce nouveau parti. Comme sénateur sortant, il conduira, aux élections législatives de 2007, la liste de Force nationale déposée pour le Sénat. Aujourd'hui, c'est à son domicile privé que se trouve le siège officiel de «Wallonie d'abord !», qui était également auparavant celui de Force nationale.

 


Jacqueline Merveille : 2e de liste de «Wallonie d'abord !»

Cette ancienne proche et intime du docteur Daniel Féret, le président-fondateur du Front national belge, fut l'une de ses secrétaires générales les plus fidèles. Durant de nombreuses années, Jacqueline Merveille fut la responsable frontiste dans la province de Namur. En 1994, elle est élue au conseil communal de la ville de Namur. A plusieurs reprises, Merveille a été candidate sur des listes électorales du FN. En 1999, elle était la première candidate suppléante du FN pour les élections européennes. Lors d'une réunion électorale de ce parti, elle a déclaré, selon le quotidien Le Soir du 27 septembre 1994 : «les francs-maçons, c'est la haute finance, le grand capital. Et je n'ose même pas dire ce qu'il y a encore derrière !». Dissidente du Front national en 2004, elle participe à la création de Force nationale et est nommée présidente de sa fédération wallonne. En 2007, elle conduira, dans la circonscription de Liège, la liste de ce FN bis aux élections législatives.


Jacqueline Merveille (à l'extrême droite), à la tribune d'un meeting du Front national en 1999 à Charleroi, avec le député fédéral Hugues Wailliez (issu de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie X), le président du FN Daniel Féret et le député régional Alain Sadaune. Ce dernier participa avec Jacqueline Merveille à la création en 2004 de Force Nationale.


Christian Haudegand : tête de liste de «Wallonie d'abord !»

Ce curé dissident du Vatican milite à l'extrême droite depuis les années 1980. Il a régulièrement été candidat aux élections pour des partis de cette mouvance : Parti pour la liberté du Citoyen (droite nationaliste intégriste, ex-Parti libéral chrétien), Front national (de 1994 à 2004) et Force nationale (3e candidat aux élections législatives de 2007 dans l'arrondissement de Liège).


Christian Haudegand en 2004 devant le drapeau du Front national.



Marie-Thérèse Wynants : 4e candidate effective de «Wallonie d'abord !»

Cette pensionnée bruxelloise de 74 ans était présente, en 6e place, aux élections législatives de 2007 sur la liste déposée pour le Sénat par Force nationale. Auparavant, elle avait déjà été candidate en 1999. Cette année-là, elle figurait en 15e place sur la liste déposée pour les élections régionales bruxelloises par le Bloc WL, une dissidence du Front national conduite par les députés frontistes régionaux sortants Emile Eloy et Juan Lemmens.

 


Jean-Louis Clooten : 5e candidat effectif de «Wallonie d'abord !»
Lui aussi figurait en 2007, en 10e place, sur la liste sénatoriale de Force nationale. Aux élections régionales de 1999, il figurait en 2e place sur la liste bruxelloise du Bloc WL.

 


Evelyne Clooten : 6e candidate effective de de «Wallonie d'abord !»

Aux élections de 2007, elle était également candidate pour Force nationale. Comme Marie-Thérèse Wynants, Jean-Louis Clooten et Juan Lemmens, Evelyne Clooten s'était présentée aux élections régionales bruxelloises de 1999 sur la liste dissidente frontiste Bloc WL. Elle figurera en 3e position aux élections régionales de 2004, dans la circonscription de Liège, sur la liste du Bloc national, conduite par Juan Lemmens.


Seule la dernière candidate de «Wallonie d'abord !», Arlette Cunin, se présente à notre connaissance pour la première fois aux élections.



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© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 12 mai 2009.

 

 

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Affiche de RésistanceS, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS 2008