RésistanceS.be 08-03-2010

Au cœur du Parlement flamand avec le Vlaams Belang

Le criminologue français Xavier Raufer invité de l'extrême droite flamande


En surfant sur le Net, RésistanceS.be est tombé sur une vidéo très intéressante. Elle révèle la présence au Parlement régional flamand de Xavier Raufer, spécialiste français, bien connu, du terrorisme et des violences urbaines. Elle a été tournée lors d'une de ses conférences, organisée sous les auspices du Vlaams Belang, le parti d'extrême droite séparatiste flamand. Raufer était-il au courant du pedigree de ses hôtes ?

 

Xavier Raufer au Parlement flamand

La vidéo de la conférence de Xavier Raufer est toujours diffusée sur Internet, notamment sur le site du parti d'extrême droite Vlaams Belang (voir ici :
) – Capture d'écran du site du VB faite le 8 mars 2011.


Le 19 février dernier, le criminologue français de réputation internationale Xavier Raufer était présent au Parlement flamand. L'information n'a été diffusée que récemment et de façon confidentielle, notamment sur le site du Vlaams Belang. Ce spécialiste du terrorisme et de la sécurité était invité par ce parti d'extrême droite flamand pour donner une conférence «concernant les problèmes de l'insécurité», devant un parterre de sympathisants et d'affilés. Raufer profita notamment de l'occasion pour prendre la défense de son compatriote, le chroniqueur Eric Zemmour, condamné récemment pour racisme par la justice française.

Le haut gratin du Vlaams Belang
A la tribune de cette conférence franco-flamande, on retrouve autour de Raufer plusieurs hauts responsables du Vlaams Belang :

  • Filip Dewinter : chef du groupe Vlaams Belang au Parlement régional flamand. Numéro deux de ce parti, il en est en réalité le véritable dirigeant. Chef officiel du service «Organisation» du VB, il multiplie à l'étranger les contacts avec les radicaux de l'extrême droite européenne : Nouvelle droite populaire, autonomistes bretons et Bloc identitaire en France, groupe Voorpost en Hollande... Filip Dewinter a débuté, à la fin des années 1970, sa carrière politique dans la section néerlandophone du Front de la jeunesse, une organisation «NR» (nationaliste-révolutionnaire) liée alors à l'aile conservatrice du Parti social-chrétien (francophone !) de l'époque.
  • Filip De Man : chef de groupe du Vlaams Belang au Parlement fédéral, il est également le président du «Conseil du Parti», le plus haut organe de direction dans la hiérarchie de la formation nationaliste flamande. Comme Filip Dewinter, De Man est connu comme étant un pur et dur, surtout en matière de lutte contre l'immigration. Et toujours à l’instar de Dewinter il a été bien plus influencés par l'extrême droite française que par les revendications du mouvement nationaliste flamand.
  • Raymond De Roover : il provient de l'Union pour une nouvelle démocratie (UND), petit groupuscule politique raciste du milieu des années 80, puis fut recruté par le Parti des forces nouvelles (PFN), formation politique ouvertement néonazie issue du Front de la jeunesse, qui fusionnera en 1991 avec le Front national belge. De Roover passe ensuite au Vlaams Blok, non jusqu'en 2004 de l'actuel Vlaams Belang. Avec d'autres transfuges du PFN et du FN, il prendra en main la section bruxelloise du parti d'extrême droite flamand. A l'heure actuelle, il est conseiller communal et conseiller de l'Aide sociale pour le VB dans la commune bruxelloise d'Anderlecht et président de sa section locale. Raymond De Roover est encore le président du Forum brabançon des Seniors, une organisation périphérique du Vlaams Belang.
  • Frédéric Erens : proche, dans les années 80, du PFN et des négateurs du génocide des Juifs commis par le régime nazi, il est également connu pour avoir été un des bras-droit du docteur Daniel Féret, président-fondateur du FN belge. Il passera ensuite au Vlaams Belang où il en sera l'un des responsables de ses jeunesses. Il est l'actuel président de la section bruxelloise du VB.
  • Dominiek Lootens-Stael : seul député régional bruxellois du Vlaams Belang (depuis l'exclusion des deux autres élus VB), il est aussi, depuis 2000, conseiller communal dans la commune bruxelloise de Jette et est membre du «Conseil du Parti».

 

Xavier Raufer au Parlement flamand

Extrait de la vidéo de la conférence de Xavier Raufer, le 19 février dernier au Parlement flamand, pour le compte du Vlaams Belang. Ses voisins de tablé sont tous des dirigeants importants de ce parti d'extrême droite.

 

Xavier Raufer était-il au courant du pedigree idéologique des organisateurs de sa conférence au Parlement régional flamand ? Certainement. Le contraire paraitrait fort étonnant pour un expert en matière de services de renseignements, de terrorisme et de stratégies politiques. De plus, l'homme connait fort bien le milieu d'extrême droite : dans les années 60, il militait ouvertement au sein d'organisations néofascistes : mouvement Occident, Ordre nouveau... Des organisations de référence pour une partie des leaders du Vlaams Belang, comme Filip Dewinter entre autres.


Parlement flamand : tribune de l'extrême droite européenne ?
Le Vlaams Belang utilise de plus en plus le Parlement flamand pour y accueillir ses invités de marque. Ainsi en octobre dernier, une conférence d'Oskar Freysinger, dirigeant du parti suisse d'extrême droite UCD, s’y tenait déjà. (). Filip Dewinter, incarnant à merveille la «génération Le Pen» du VB, avait également reçu en 2007, une délégation de la direction du Bloc identitaire, parti provenant du mouvement nationaliste-révolutionnaire (néofasciste) français qui se présente aujourd'hui comme étant le pôle fédérateur de la droite populiste et identitaire régionaliste.

Les informations sur les liens politiques du Vlaams Belang et sa fidélité au corpus doctrinal de son ancêtre néonazi, le Vlaams Blok, sont largement diffusées sur Internet, notamment par RésistanceS.be. Xavier Raufer ne pouvait donc pas les ignorer en acceptant de venir donner une conférence au Parlement flamand. Aujourd'hui, le parti d'extrême droite séparatiste - qui souhaite toujours la destruction de la Belgique - exploite sa venue à des fins de propagande.

Alexandre VICK

Qui est Xavier Raufer ?



Auteur de nombreux ouvrages sur les menaces terroristes, il accorde aussi des interviews à la presse d'extrême droite, comme à «Réfléchir & Agir» en été 2005 (sur ce journal identitaire et racialiste CLIQUEZ ICI et au «Choc du Mois» en janvier 2010.

Spécialiste reconnu du terrorisme et de la criminalité internationale depuis le milieu des années 1970, Xavier Raufer, de son vrai nom Christian de Bongain, est aussi enseignant. Né en 1946, il est professeur affilié (selon son site Internet www.xavier-raufer.com), à l'Edhec, une grande École française de commerce. Il est également, directeur des études du Département de recherche sur les menaces criminelles contemporaines de l'Université Paris II et chargé de cours à l'École des officiers de la gendarmerie nationale. Internationalement connu, Xavier Raufer est encore membre du «Terrorism Studies Program Board» du Centre pour l'étude du terrorisme et de la violence politique de l'Université de Saint-Andrews en Écosse, professeur associé à l'École supérieure de la police criminelle de la République populaire de Chine et directeur de recherches associé au Centre de recherche sur le terrorisme et le crime organisé de l'Université de sciences politiques et de droit de Beijing, toujours en République populaire de Chine.

Officiellement communiste (sur un mode resté très staliniste, et une conversion au système capitaliste de surcroit), en Chine, où enseigne donc Raufer, les libertés individuelles et collectives sont sous étroites surveillances et l'enfermement dans de sordides prisons une «destiné» habituelle pour les dissidents chinois.

Auteur prolixe chez de grands éditeurs
Le parcours académique de Xavier Raufer est brillant, la liste de ses publications bien fournie: «Les nouveaux dangers planétaires-chaos mondial, décèlement précoce» (en 2009), «L'énigme Al-Qaida» (2005), «Le grand réveil des mafias» (2003), «La Mafia albanaise» (2000), «Violences et Insécurité Urbaines» (1998), «Le Chaos balkanique» (1992), «Atlas mondial de l'Islam activiste» (1991), «La nébuleuse : le terrorisme du Moyen-orient» (1987),  «Terrorisme, maintenant la France ?» (1982)...

La plupart de ses ouvrages sont publiés chez de grands éditeurs : CNRS Éditions, Presses universitaires de France, éditions de La Table Ronde, J.-C. Lattès... Plusieurs ont été co-signés par Alain Bauer, autre criminologue français spécialisé dans les questions de sécurité urbaine, mais aussi connu pour avoir été l'un des conseillers en la matière des principaux ministres de l'Intérieur, de Jean-Pierre Chevènement à Nicolas Sarkozy. Grand Maître du Grand Orient de France de 2000 à 2003, Bauer reste proche du pouvoir sarkozyste.


D'Ordre nouveau à la cellule élyséenne
Xavier Raufer n'a jamais caché ses appartenances politiques. Dès les années 1960 il adhère à l'extrême droite, rejoignant les rangs de mouvements rassemblant de jeunes néofascistes partisans de l'Algérie française. Il est membre du mouvement Occident puis prendra la direction d'Ordre nouveau (ON, successeur du mouvement Occident) qui donnera naissance en 1972 au Front national (FN) de Jean-Marie Le Pen. Lors de la rupture entre le FN et ON, en 1973, Raufer passe chez les Républicains indépendants, l'ancêtre du Parti républicain.

En 1981, après l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, le criminologue, et ex-cadre d'extrême droite donc, rejoint la cellule élyséenne comme consultant. Il semble, selon le spécialiste de la «Nouvelle droite» Pierre-André Taguieff, que malgré son travail pour les socialistes, Xavier Raufer serait resté proche de l'ultra droite, en particulier du Groupement de recherche et d'études pour la civilisation européenne (Grece) d'Alain de Benoist.

Ne refusant aucune collaboration avec des organismes publics, des organisations partisanes ou des publications spécialisées, Xavier Rauffer accepte des interviews pour des journaux d'extrême droite, comme en janvier 2010, pour le «Choc du Mois». C'est sans doute dans cette même logique, qu'en février de cette année, il accepte l’invitation du Vlaams Belang, le parti nationaliste néofasciste flamand devenu dans notre pays le «néo-croisé» le plus fanatique dans la «résistance» à l'«islamisation de la société». Un souci que partagerait également Raufer ?

A.V

 

Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 8 mars 2011.

 

 

 

Xavier Raufer

Xavier Raufer chez les partisans flamands de l'Ordre nouveau... Une erreur de casting ?

 

INFORMATION EXCLUSIVE :
Diffusée par
RésistanceS.be en synergie rédactionnelle avec l'hebdomaire français Les Inrockuptibles.

INrock



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