RésistanceS 22-12-2006

Connexions Europe-Russie

« Euro-Rus », une association d'Indo-européens blancs pour la « Grande Europe »


Le 2 décembre dernier, la crème de la crème de l'« Europe blanche » à la tribune du « congrès néonazi » d'Euro-Rus, selon « De Morgen ».


Contre l'Amérique multiculturelle, l'association « Euro-Rus » revendique depuis sa création en 2003 une « Europe blanche », de Gibraltar à Vladivostok. Fondée et présidée par un ancien cadre du Vlaams Blok, elle tente désormais de rassembler les différents théoriciens continentaux de la « guerre raciale ». Y compris ceux liés au VB.

Apparue en 2003, l'association « Euro-Rus », localisée en Flandre dans la ville de Dendermonde, a pour objectif d'établir des connexions militantes internationales entre les nationalistes européens d'extrême droite et les radicaux du patriotisme russe. Dont le principal adversaire commun serait la « domination mondiale » des gouvernements américains successifs. Domination « néfaste pour toutes les cultures des nations européennes », dixit Euro-Rus. Autres cibles de celle-ci : les « loges » (maçonniques) et les divers « lobbies » qui contrôlent, selon l'association nationale-européenne, les autorités américaines et britanniques.

Contre le déclin des Indo-européens
Seule solution contre les lobbies « Américano-britanniques » : une « Europe forte », via un axe « Paris-Berlin-Moscou » et « l'amitié entre les nations européennes, de Gibraltar jusqu'à Vladivostok », comme le revendiquait déjà, dans les années 1960, le théoricien belge Jean Thiriart, patron du mouvement « Jeune Europe » et ancien des Amis du Grand Reich allemand, durant l'occupation nazie du continent européen.

Autre obsession d'Euro-Rus : le déclin démographique du continent européen. Pour cette association confidentielle, les Européens, d'origine « indo-européenne », vont vivre des années très difficiles. Dans son texte de fondation en néerlandais, elle explique que « l'évolution démographique » actuelle est un inconvénient pour les Européens. Parce que « Les démographes prédisent l'arrivée dans les vingt prochaines années de pas moins 500 millions (vous lisez bien : cinq cent millions !) d'immigrés provenant d'Afrique et d'Asie ». Le déclin de l'Europe blanche est dès lors annoncé par l'association Euro-Rus.


Kris Roman (à gauche), le patron d'Euro-Rus et ex-Vlaams Blok, avec Jean-Marie Le Pen, en octobre 2006.


Avec les ultras du Net
L'association Euro-Rus est présidée par Kris Roman, un activiste d'extrême droite de longue date (voir ci-contre son portrait) qui semble maintenant, grâce à son association, reprendre des contacts avec la mouvance du Vlaams Blok/Belang. Après une courte disparition de la « scène nationaliste », il est réapparu sur celle-ci en 2003 avec la création de l'association Euro-Rus. Il participe encore à la gestion du site Internet « Altermedia », véritable vitrine médiatique de tout ce que le Net peut compter d'ultras de la croix celtique, de néonazis mal blanchis, de négationnistes obsessionnels et de revanchards orphelins de l'Ordre nouveau de jadis.

Pour le compte d'« Altermedia », Kris Roman interviewa en octobre 2006, Jean-Marie Le Pen. Grâce à ce média et à Euro-Rus, il peut désormais fréquenter les principaux dirigeants internationaux de la droite radicale.

Alexandre VICK

 

« Congrès néonazi » 2 décembre 2006

Le 2 décembre dernier, l'association Euro-Rus a organisé un congrès international dans la commune de Lebbeke (près de la ville de Dendermonde, en Région flamande). Ce dernier fut qualifié de « congrès néonazi » par le quotidien flamand « De Morgen ».

Ce rendez-vous nationaliste a rassemblé les principales figures connues du nationalisme ultra, version droite radicale. Parmi ceux-ci, citons : les français Yann Ber Tillenon (président de l'association nationaliste païenne bretonne Kêrvreizh) et Guillaume Faye (ex-leader du GRECE, actuel théoricien de la « guerre raciale », notamment pour le compte de l'association racialiste « Terre & Peuple »), l'anglais Nick Griffin (président du Parti nationaliste britannique, le BNP), le belge Robert Steuckers (ex-GRECE, dirigeant du réseau Synergies européennes et proche de la mouvance radicale pro-Vlaams Blok/Belang), l'américain David Duke (leader de la droite extrême aux Etats-Unis, ex-chef du KKK et invité au récent colloque international négationniste, organisé à Téhéran, par les autorités intégristes iraniennes)... ainsi que d'autres leaders belges, hollandais, russes... de la « Grande Europe blanche ».


Congrès du 2 décembre : à la tribune le français Guillaume Faye (ex-GRECE, théoricien de la « guerre raciale ») et l'anglais Nikki Griffin (le dirigeant du BNP).

La présence d'un dénommé Roland Pirard a aussi été signalé au congrès d'Euro-Rus. Provenant de la droite néonazie francophone, celui-ci est désormais l'un des dirigeants bruxellois francophones du Vlaams Blok/Belang. Le 19 décembre dernier, Roland Pirard, fut élu au CPAS de la commune de Berchem-Sainte-Agathe pour le compte du VB (lire à ce sujet notre article : « Roland Pirard, un pur et dur au service du Vlaams Blok/Belang » ).

[A.Vick - RésistanceS]

 

© RésistanceS – L'Observatoire de l'extrême droite - www.resistances.be – info@resistances.be - Bruxelles – Belgique – 22 décembre 2006


 


Kris Roman (à gauche) à la tribune du congrès d'Euro-Rus du 2 décembre 2006.


Kris Roman, flamo-russophile extrémiste

Issu des rangs du Vlaams Blok, il passe en 1994 au Front national de Daniel Féret. Selon la direction du VB, Kris Roman fut exclu du parti pour « dérives négationnistes et antisémites ». Ce cadre bruxellois blokkiste avait des relations fraternelles avec le groupe néonazi francophone « l'Assaut ».

Lors des élections communales d'octobre 1994, Daniel Féret va pourtant lui offrir la tête de liste FN dans la commune bruxelloise de Ganshoren. Kris Roman est élu conseiller communal et fonde une tendance interne au FN : la Ligue nationale (LN). Ne supportant pas les initiatives qu'il ne contrôle pas, Féret met dehors Roman et sa LN.

Ils rejoignent alors les autres exclus frontistes, menés par la députée fédérale Marguerite Bastien, qui mettent sur pied un nouveau FN, le Front nouveau de Belgique (FNB). Roman prendra en main la création en Flandre d'un éphémère Nationaal front, pour le compte du FNB.

Mais l'entente avec Marguerite Bastien est de courte durée. Kris Roman décampe du FNB et relance la Nationale liga-Ligue nationale (NL-LN). Dans un communiqué de presse, daté du 4 juin 1998, cette ligue s’attaquera de front à Marguerite Bastien. Pour la ligue, le FNB est désormais un « venin belge » (sic) et Bastien « la plus grande ennemie du peuple flamand ».

A la même époque, Roman est de ceux qui fondent le « comité des Nationalistes contre l'Otan », avec Hervé Van Laethem et Hubert Defourny, respectivement ex-dirigeant-fondateur du groupe néonazi l'Assaut et « Fondateur » (sic) du mouvement REF.

Kris Roman a également fréquenté un groupe sectaire catholique installé près de la place Flagey à Bruxelles. Celui-ci est connu pour offrir l'hospitalité à des négateurs-menteurs en fuite dans notre pays. Ce fut le cas pour Olivier Mathieu et aujourd'hui encore pour Vincent Reynouard.

Sources :
• « Dictionnaire de l'extrême droite francophone », de RésistanceS.
• « Les rats noirs – L'extrême droite en Belgique francophone », de Manuel Abramowicz, éditions Luc Pire, Bruxelles, 1996, p. 87,