RésistanceS.be 20-05-2014

REVU & NOUVELLES PHOTOS LE 12 JUIN 2014


Procès RésistanceS.be / Facebook / Tonnelier (FN)

Suspension du prononcé et acquittement pour Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau


Poursuivis par l'ex-numéro deux du Front national belge, le procès de Manuel Abramowicz et de Julien Maquestiau de RésistanceS.be vient de se terminer. Ils sont acquittés pour la première prévention. Pour la seconde, le tribunal leur a accordé la suspension du prononcé. Pour le quotidien La Libre Belgique : « C'est donc une simple déclaration de culpabilité, sans peine ».

Mardi 20 mai 2014, Palais de Justice de Bruxelles, le jour du verdict © Photo Bart Lemmens /RésistanceS.be


En 2009, le journal d'investigation antifasciste et antiraciste RésistanceS.be décide de mener une enquête d'investigation « undercover » sur l'utilisation de Facebook, à des fins de propagande et de recrutement, par l'extrême droite. Pour y parvenir, un « profil imaginaire d'une militante nationaliste » est créé par la rédaction de RésistanceS.be. Une année plus tard, Georges-Pierre Tonnelier porte plainte contre Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau, respectivement rédacteur en chef et porte-parole de RésistanceS.be.

 

 



Caricature du dessinateur de presse français Cabu sur l'utilisation de Facebook par l'extrême droite © Le Canard enchainé


Le plaignant n'est pas une « mouche », comme le décrira ensuite avec erreur le journaliste Pascal Lorent (Le Soir du 11 et 12 juillet 2009, p. 8) ni un « clown du FN », dixit son avocat, Me. Sébastien Courtoy, devant la Chambre des mises en accusation. Georges-Pierre Tonnelier, alias « GPT » dans le milieu nationaliste, est en effet un des membres hyper actif de la direction du Front national belge depuis la fin des années 1990. Il est l'un des acteurs principaux de l'histoire du frontisme à la belge. GPT fut même parmi les fondateurs du Comité belge de soutien à Jean-Marie Le Pen. Jusqu'à sa dissolution récente, il portera le titre de secrétaire national, soit le numéro 2, d'un des clans du FN. En particulier celui qui s'était allié à Nation, un mouvement d'extrême droite pure et dure, de tendance « identitaire » et « national-solidariste ».

Pour mener à bien leur enquête d'investigation « undercover » sur Facebook, RésistanceS.be avait scrupuleusement respecté la déontologie en vigueur au sujet de ce type de méthode en journalisme. Notamment comme le prescrit le code de déontologie de l'Association des journalistes professionnels de Belgique (AJP) et comme l'explique Jean-Jacques Jespers, ex-journaliste de la RTBF et professeur d'université, dans son syllabus « Déontologie des médias » enseigné à la Faculté de journalisme de l'Université libre de Bruxelles - Doc : RésistanceS.


De 5 à 2 inculpations
Poursuivis initialement pour 5 motifs d'inculpation, le procès contre Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau s'est ouvert en janvier dernier devant la 61e Chambre du Tribunal correctionnel de Bruxelles. Il vient de se terminer. Le verdict a été prononcé ce mardi 20 mai.

 

Reconnaissant l'intérêt de dévoiler l'appartenance politique à l'extrême droite de Georges-Pierre Tonnelier, le tribunal estime cependant que le recours à un faux profil n'était pas nécessaire. Les deux membres de la rédaction de RésistanceS.be sont de ce fait coupables aux yeux du tribunal. Cependant, sa présidente leur a accordé la suspension du prononcé. Pour le quotidien La Libre Belgique : « C'est donc une simple déclaration de culpabilité, sans peine ». Ce qui n'est évidement pas favorable à Tonnelier qui souhaitait voir Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau condamnés beaucoup plus sévèrement.

Pour l'infraction supposée à la violation de la loi sur la protection de la vie privée de Tonnelier, les deux responsables de RésistanceS.be ont été acquittés. Pour Marc Metdeppenningen du quotidien Le Soir :


« RésistanceS.be avait raison : à l'époque, Georges-Pierre Tonnelier faisait toujours partie de l'extrême droite contrairement à ce qu'il affirmait en demandant la censure des publications de RésistanceS.be le concernant. Sa plainte pour ''atteinte à la vie privée'', elle, a été balayé par le tribunal. Les deux journalistes se sont intéressé à Georges-Pierre Tonnelier en raison de son appartenance politique : cela relève de la sphère publique et non de la vie privée, estime le tribunal ».

L'article de Marc Metdeppenningen du journal Le Soir est un désaveu de deux articles précédents qui avaient été écrits sur cette affaire, en 2009 et 2012, par le journaliste Pascal Lorent, dans le même quotidien.


Georges-Pierre Tonnelier, alors secrétaire national du FN belge, et Marine Le Pen. Cette photo a été postée sur un forum Internet de partisans de la présidente du Front national français par... GPT en personne – Doc. : RésistanceS.be



Les nouveaux amis de l'extrême droite

Pour rappel, au début de l'action judiciaire, 5 motifs d'inculpation avaient été retenus contre Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau. Ce procès se conclu donc par une défaite pour l'extrême droite qui espérait, via celui-ci, faire taire RésistanceS.be, un journal à la base de nombreux scoops et révélations sur la vraie nature de l'extrême droite. Plusieurs dirigeants du mouvement Nation, mais aussi le président du micro-parti Nouvelle Wallonie Alternative (NWA), issu du FN belge, avaient publiquement manifesté leur soutien à l'action de Tonnelier contre RésistanceS.be.


Ce procès a aussi permis de dévoiler les nouveaux amis ou complices de l'ex-leader frontiste Georges-Pierre Tonnelier. Parmi ceux-ci citons :


  • Olivier Mukuna
    Ancien journaliste, notamment à la Dernière Heure et à Paris Match, il est l'un des lauréats de la Quenelle d'Or, le prix annuel remis par l'humoriste pro-FN Dieudonné à ses supporters. Ce fut par exemple le cas également du négateur-nazi Robert Faurisson, du « national-socialiste français » Alain Soral, des avocats Henry Laquey et Sébastien Courtoy, ainsi que du député populiste Laurent Louis du mouvement antisémite Debout les Belges. Mukuna fut encore lié au parti Egalité.

  • Nordine Saïdi
    Fondateur en 2009 d'Egalité, un « groupuscule identitaire » selon le militant de gauche Bahar Kimyongür (*). Après une implosion interne de celui-ci, Nordine Saïdi est passé dans les rangs de la formation fondamentaliste ISLAM (également rallié un moment par Laurent Louis). En 2009, Nordine Saïdi recrutait des militants et des électeurs dans la « galaxie Dieudonné » belge. Son antisionisme est suspect. Gestionnaire des deux sites Internet sur lesquels Mukuna publiera ses pamphlets contre Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau en faveur de l'ex-secrétaire national du Front national.

  • José Gregorio
    Egalement connu, dès 2009, comme un disciple belge de Dieudonné. Pour Gregorio le « Peuple élu » est une obsession. Sur Facebook, il republie les posts de Mukuna contre RésistanceS.be.

  • Aziz Madrane
    Comme Nordine Saïdi, Olivier Mukuna et d'autres ex-membres aujourd'hui d'Egalité, Aziz Madrane était présent dans les rangs des supporters de Georges-Pierre Tonnelier lors d'une des audiences du procès intenté contre RésistanceS.be (voir ci-dessous notre encadré). Ancien candidat malheureux du parti Ecolo, Aziz est l'un des organisateurs de la « Burqa Bla Bla » avec Nordine Saïdi qui se déroula à l'ULB en février 2012
    .

La plupart des partisans de Tonnelier sont des « analphabètes politiques », ce qui explique leur désorientation idéologique actuelle basée sur le principe primitif suivant : « les ennemis de mes ennemis sont mes amis... ». La dérive sectaire de ces nouveaux « compagnons de route » ou/et complices de l'ex-secrétaire national du Front national est une évidence.






Un large soutien
Pour notre part, à l'issue de ce procès, toute l'équipe de la rédaction de RésistanceS.be remercie vivement la quarantaine d'amies et d'amis présents encore, avec elle, ce 20 mai devant le tribunal pour soutenir Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau :

Denis Desbonnet (militant antiraciste et travailleur actif du Collectif contre les exclusions sociales), Jean Spinette (le président saint-gillois du mouvement d'éducation permanente PAC), Vincent Cornil (le directeur du Mouvement contre le racisme, l'antisémitisme et la xénophobie, MRAX), Bart Lemmens (le patron de la brasserie l'Union), Françoise Bolle (militante de la Ligue des droits de l'Homme), Annelise DC, Sophie Goldmann (maitre assistante en droit social dans une Haute-Ecole de Bruxelles), le publiciste Jean-Pierre Mels, l'ex-éditeur Etienne Wattecamps, l'ancienne éditrice Maria McGavigan, le responsable de l'Antifascistisch front (AFF-Verzet, Antwerpen), le militant antifasciste Erik Demeester, Gilles A, Sandrine H, l'antiraciste Roger De Lathouwer, l'échevin Karim Majoros, Paul Willems, Brian B, Benjamin Cadranel, la journaliste Sibel B (correspondante belge du plus grand quotidien japonais), Stéphane V, Alban A, Isabelle V, Quentin R., Nathanaël J, le militant antifasciste Mammadou Bah et bien d'autres encore !

 


Mammadou Bah (à gauche), militant antifasciste en Grèce et réfugié politique en Belgique, est venu personnellement soutenir Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau à leur procès © Photo Bart Lemmens / RésistanceS.be


Merci aussi à toutes celles et ceux qui ne purent pas être des nôtres ce mardi, mais qui nous ont envoyé des messages de soutien : Christopher B, Danielle Nootens, l'avocat Michel Graindorge, Steven V, Salma T, Sam K, Dimitri C, Nadine M, Danuta K, Marc A, Lolita A, Jean-Pierre D, Thierry Pouliart, Tiziana M, le journaliste d'investigation Philippe Brewaeys, le comédien Sam Touzani...

 

Manuel Abramowicz, les avocats de RésistanceS.be, ses amis, des journalistes et ... plus loin, Sébastien Courtoy, l’avocat de Georges-Pierre Tonnelier, avec Olivier Mukuna, journaliste de propagande dépendant du client du premier © Photo Bart Lemmens / RésistanceS.be


Sans oublier celles et ceux qui furent présents lors des premières audiences du procès : la sénatrice Zakia Khattabi, la députée Céline Delforge, le sociologue Ralf Coeckelbergh, la féministe antifasciste Jo De Leeuw, le syndicaliste Pierre Vermeire, Nathalie Caprioli (rédactrice en cheffe de l'Agenda interculturel du Centre bruxellois d'action interculturelle, CBAI), l'ancien journaliste d'investigation Jean-Claude Defossé et tant d'autres.

Pour rappel, Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau avaient déjà reçu, dès le mois d'octobre 2013, le soutien de plus de 100 personnalités belges et étrangères, dont les écrivains Vincent Engel et Gilles Perrault, les anciens rédacteurs en chef Luc Delfosse du quotidien Le Soir et Dorothée Klein de l'hebdomadaire Le Vif/L'Express, le professeur d'université Marc Lits (Ecole de Journalisme de l'Université catholique de Louvain), d'Olivier Basille, le directeur belge de Reporters sans frontières, ou encore du journaliste allemand Günter Wallraff, la référence internationale en matière de journalisme d'investigation « undercover » .


Pour RésistanceS.be la partie n'est pas terminée. Informer contre l'extrême droite est un engagement à risque. Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau le savaient. Ils l'ont pris. Et, le poursuivront plus que jamais !

Le Comité de rédaction de RésistanceS.be



Le procès est fini ! Sortie de la salle du tribunal, Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau s’adressent à la presse. Poursuivis initialement pour cinq infractions, leur procès se termine bien pour finir © Photo Bart Lemmens / RésistanceS.be

 

Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau à la sortie de leur procès © Photo : A. De Clerck




Au centre de cette photographie, Filip Dewinter et Gerolf Annemans lors d'une manifestation de l'extrême droite flamande à Bruxelles au début des années 1990. Derrière ces deux dirigeants actuels du Vlaams Belang se trouve... Manuel Abramowicz. Présent au coeur de cette manifestation, il y menait une enquête journalistique « undercover » pour la publication CelsiuS. Quelques années plus tard, avec d'autres journalistes d'investigation, il cofondera RésistanceS.be © Doc. photo : RIDAF


 



v

NOTE DE LA REDACTION de RésistanceS.be

• REPUBLIER NOS ARTICLES  ?
Nous acceptons volontiers que nos informations gratuites soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge contre l'extrême droite, ainsi qu'un hyperlien vers notre site  :

www.resistances.be

• COMMENT NOUS SOUTENIR  ?
Les articles et enquêtes inédites du web-journal RésistanceS.be sont en accès totalement gratuit. Son équipe de rédaction est uniquement composée de journalistes et de militants bénévoles. Notre journal ne reçoit aucun subside.

Sans votre aide donc, nous ne pouvons rien. Vous voulez que nous continuions à vous informer sur et contre l'extrême droite  ? Alors, faites un don ou une domiciliation mensuelle sur le compte de notre ASBL de gestion :

asbl RésistanceS, Quai du Commerce 9, B-1000 Bruxelles

NUMERO DE COMPTE IBAN :
BE25 3101 6187 3282

Avec en communication  :
«  Soutien au journal RésistanceS.be  »

D'avance un très grand merci de votre soutien présent et à venir.

La rédaction de RésistanceS.be

 

(*) Bahar Kimyongür dans son article « Egalité et le mirage de la "Révolution syrienne" », publié le 6 novembre 2013 sur plusieurs sites Internet.

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be info@resistances.be – Article mis en ligne le 20 mai 2014.

 


Procès RésistanceS.be :
Suspension du prononcé et acquittement pour Manuel Abramowicz et Julien Maquestiau

Pour RésistanceS.be la partie n'est pas terminée.


Informer contre l'extrême droite

est un engagement à risque.

Nous le savions.

L'avons pris.

Le poursuivrons plus que jamais !

Manuel ABRAMOWICZ

& Julien MAQUESTIAU

 

 


CLIQUEZ ICI


Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

Pour être régulièrement informé sur l'extrême droite, le racisme, le sectarisme et l'intégrisme, retrouvez également le journal RésistanceS.be sur le réseau social Facebook
CLIQUEZ ICI

 


 


Campagne « Extrême droite : ils se trompent de colère ! »

Depuis le mois d'août 2008, RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire de l'extrême droite, anime une campagne d'information pédagogique en direction des électeurs et des militants d'extrême droite !

Pour plus d'information et la soutenir CLIQUEZ ICI


Comité de soutien de l'asbl RésistanceS



Pour bénéficier de nos services :
que faire ?

Soutenez vous aussi RésistanceS.be !
Média gratuit proposé par l'Observatoire belge de l'extrême droite, RésistanceS se réalise uniquement grâce à l'apport financier de son équipe et de certains lecteurs qui lui font des dons.
Vous lisez gratuitement les articles de RésistanceS.be !
Soutenez financièrement ce service exceptionnel en versant un don sur son compte bancaire :

n° 310-1618732-82
IBAN : BE25 3101 6187 3282

Avec en communication : « Don 2014 »

 




Affiche de la campagne d'information 2009 de RésistanceS.be, le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite © asbl RésistanceS.be 2011