RésistanceS 06-10-2008

The Turner Diaries / Les Carnets de Turner


Le «Manuel» terroriste et de survie de la «race blanche»

 

Aux Etats-Unis, les extrémistes de l'Amérique fasciste et raciste ont leur livre de chevet : «The Turner Diaries». Ce roman préconise - entre ses lignes – le passage à la lutte armée (au terrorisme !). Il est devenu un véritable «Manuel» au service de la «race blanche» pour lui permettre de combattre ses nombreux ennemis : le gouvernement fédéral, le cosmopolitisme, la société multiculturelle, les progressistes, les Noirs, les Juifs... «The Turner Diaries» est aussi une référence au sein de l'extrême droite française et belge.


«The Turner Diaries» a été écrit il y a trente ans déjà, en 1978 (certaines sources parlent de l'année 1976). Son auteur est un certain Andrew Macdonald, un nom derrière lequel se cachait le docteur William L. Pierce (1933-2002). En 1974, cette personnalité de la politique nord-américaine de l'ombre fonda la National Alliance, un groupuscule nationaliste radical peu avare de témoignages de sympathie envers le nazisme d'Adolf Hitler. Cette alliance nationale existe toujours de nos jours pour défendre la «race blanche».

L'«Amérique blanche» pendant la guerre ethnique
Le roman de son dirigeant-fondateur relate l'histoire d'un «résistant blanc», Earl Turner, dans un pays sous la coupe du multiculturalisme. Turner, un ingénieur électricien sans histoire, va pourtant un jour prendre les armes contre le gouvernement américain vendu au «cosmopolitisme». C'est sa haine de l'oligarchie et de la démocratie qui sera le moteur de sa croisade contre les ennemis désignés de l'«Amérique blanche» : les progressistes, les Noirs et les Juifs. La guerre d'Earl Turner sera totale. Terroriste et sans pitié, ce voyage au cœur de la guerre ethnique est guidé par le journal de bord de ce Turner.

Le roman politique de Pierce est devenu depuis la référence des militants de base du néonazisme et de l'antisémitisme nord-américain. Il a été vendu à plus de 500.000 exemplaires. Plus qu'une histoire romancée, il est considéré comme un «Manuel de survie» à l'invasion étrangère du sol national américain sous le contrôle des Juifs. Tous les adeptes du «terrorisme noir» utilisent «The Turner Diaries» comme référence pour endoctriner les futurs guerriers blancs de la lutte armée. L'extrême droite des USA n'est pas la seule du globe à avoir pris pour argent comptant l'histoire d'Earl Turner. Même si ce livre a été interdit dans de nombreux pays.

Traduction française vendue à Bruxelles
Le livre de William Pierce a été traduit et édité, au début des années 2000, en langue française par Henri de Fersan, un publiciste d'extrême droite français. Connu sous le titre «Les Carnets de Turner» (parfois référencé comme «Le Journal de Turner»), cette édition est illustrée par Chard, la caricaturiste vedette de l'extrême droite française, du journal national-catholique Présent à l'hebdomadaire Rivarol (sur Chard, lire sur ResistanceS.be l'article «Rivarol, Chard et leurs amis n'aiment pas les Juifs» ).

Depuis lors, la version française se lit abondamment chez les partisans de l'Ordre nouveau, comme «Le Camp des Saints», du français Jean Raspail, un autre livre préconisant également, entre les lignes, la lutte armée contre les ennemis du nationalisme. En 2003, «Les Carnets de Turner» pouvaient s'acheter, pour la somme de 20 euros et avec une dédicace d'Henri de Fersan, dans un restaurant bruxellois de la rue Blaes, dont le propriétaire était alors connu pour ses sympathies pour l'extrême droite. La promotion dans notre pays de l'édition française du roman raciste préconisant le terrorisme était alors prise en charge par un vieux propagandiste d'écrivains fascistes, comme le prouve un document de promotion en possession de la rédaction de ResistanceS.be. Cet individu est toujours actuellement actif, notamment en soutenant le mouvement Nation. Un mouvement d'extrême droite qui, sans doute converti au politiquement correct par opportunisme, dit rejeter pourtant toutes références trop «guerrières».

Ainsi, récemment, il expulsait de ses rangs des jeunes nationalistes identitaires wallons et bruxellois de Konflikto 28 (K28), dont l'expression «NS» («national-socialiste») était trop visible. Comme dans «The Turner Diaries», K28 préconise la lutte les armes à la main contre les ennemis de la «race blanche». RésistanceS.be reviendra prochainement sur cette mouvance extrémiste et violente. Une mouvance ayant toujours été active au sein des partis et mouvements de la droite nationaliste et identitaire. Active et utile pour leurs basses besognes...

Alexandre Vick


Document exclusif RésistanceS.be ( pour agrandir):
Bon de commande pour l'achat, au prix de 20 euros, de la version française des «Turner Diaries» diffusée dans les années 2000 au sein de l'extrême droite belge francophone. Ce livre pro-terroriste est alors disponible auprès d'un restaurateur bruxellois. A propos de ce livre, un proche du mouvement Nation dira sur ce bon de commande : «Si vous devez lire qu'un seul livre cette année, lisez celui-ci». Ce document est exclusif dans le sens où il ne pouvait sortir du milieu d'extrême droite. Et pourtant... il est tombé dans les mains de la rédaction de RésistanceS.be, grâce à un ancien de ses militants aujourd'hui repenti – Document : RésistanceS.be – Observatoire belge de l'extrême droite.

 

 

© RésistanceS – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 6 octobre 2008 – à 22 h 45.

Au sommaire de ce dossier de RésistanceS.be

«Terrorisme identitaire» : toujours à l'ordre du jour

Pourquoi l'extrême droite est-elle violente ?

L'extrême droite terroriste aux Etats-Unis

Le «Manuel» de survie de la «race blanche»

L'antiterrorisme, version extrême droite

DOSSIER : les années de plomb belges

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