RésistanceS.be 15-03-2012

Réactualisé le 16 mars 2012


Après 27 ans d’existence, Marine Le Pen met fin à l’aventure frontiste en Belgique !


Le Front national belge est liquidé !


Ce jeudi 15 mars, la cour d'Appel de Liège a rendu son arrêt dans le procès intenté par la présidente du Front national français contre les derniers «frontistes nationaux» belges. C’est la fin du parcours du FN «canal historique» (fondé en 1985) et ses dissidences dans notre pays. L’extrême droite francophone - sur cette forme (garante d’un succès électoral) - est éliminée des prochaines élections. Une longue traversée du désert s’annonce à nouveau pour elle. Avec son atomisation en prime.

 


Jean-Marie et Marine Le Pen, lors de l’élection de cette dernière à la présidence du Front national français en janvier 2011. Le cheffe de l’extrême droite d’outre-Quiévrain liquidera ensuite ses «amis» belges © Image Canal +


La cour d'Appel de Liège vient de confirmer, ce jeudi 15 mars, un jugement rendu en première instance contre Salvatore Nicotra, conseiller communal frontiste à Fleurus (Hainaut) et dirigeant de l'asbl «Front national belge» (FN), fondée en 1985 par le docteur Daniel Féret pour représenter officiellement en Belgique le courant politique mené alors, en France, par Jean-Marie Le Pen. L’action judiciaire contre la formation politique belge avait été enclenchée par la fille de ce dernier, présidente du FN français depuis le début 2011.


Atomisation de l'extrême droite
Il est désormais interdit aux frontistes belges, sous peine d’une astreinte de 10 000 euros par jour, d'utiliser le nom et le sigle (une flamme tricolore) du parti d'extrême droite français. Cela signifie que le label «FN» belge n'existera plus en Belgique.

Résultat immédiat : les derniers militants et partisans de ce front sont condamnés à la «groupusculisation», à l’atomisation ou à la disparition politique. Des irréductibles se sont déjà repliés sur une nouvelle formation, le parti Démocratie nationale (DN). Conduit notamment par l’ancien député fédéral Patrick Cocriamont (toujours conseiller communal à la ville de Charleroi), celui-ci affirme être le «seul vrai successeur du FN en Belgique». Ce qui est démenti par le désormais ex FN «canal historique» de Salvatore Nicotra qui devrait pour sa part prendre, dans les jours qui viennent une décision, à propos de la poursuite ou non de ses activités politiques. Même cas de figure pour la Fédération des nationalistes wallons (FNW) de l’ancien député FN Charles Petitjean, qui continue d’affirmer contre vents et marées son soutien à Marine Le Pen.

Dans l'ombre, il existe encore en activité divers autres groupes marginaux issus du frontisme, comme le Front démocratique belge (FDB), la Fédération des nationalistes populaires bruxellois (FNPB), la Nouvelle Wallonie Alternative (NWA, successeur folklorique de l'ex-FN «réunifié»), le Nouvel ordre wallon (NOW, petit groupe fantomatique agissant uniquement sur Facebook), la Nouvelle alliance francophone (NAF, mené par un conseiller communal de l’ex-FN dans le commune de Saint-Ghislain, en Province de Hainaut). Le groupuscule Nation n’a pour sa part été capable de recruter qu’un seul frontiste, provenant du clan du FN «réunifié». Ne regroupant qu’une vingtaine d’activistes, selon le dernier rapport de la Sûreté d’Etat, Nation s’était pourtant fortement impliqué dans le FN «réunifié».

Seul le mouvement Wallonie d’Abord, pseudopode de Force Nationale (FNationale, une scission du FN de Daniel Féret), pourrait survivre électoralement. Aux élections régionales de 2009 et législatives de 2010, ce mouvement régionaliste wallon d’extrême droite avait enregistré de relatifs bons résultats.




Octobre 2011, lors de la dernière assemblée générale du FN «réunifié», dans la région de Charleroi. Son service d’ordre avait notamment été assuré par des néonazis liégeois se revendiquant de Blood and Honour – photo DR


RésistanceS.be contre le FN
L’élimination du Front national en Belgique a notamment été rendue possible suite aux révélations faites par RésistanceS.be. Le web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite a consacré en effet plusieurs enquêtes journalistiques, notamment sur les liens du FN «réunifié» belge avec le groupuscule Nation, d’orientation national-solidariste et lié en France à des mouvements d'extrême droite dissidents, concurrents et hostiles au Front national français en général, à sa présidente en particulier ().

Des informations qui auraient sérieusement déplu à Marine Le Pen. Les articles de RésistanceS.be ont ensuite été utilisés par le FN français pour justifier sa rupture, au mois de janvier dernier, avec les frontistes belges du FN «réunifié» ().


Des voix à capter
Conséquence directe : aux prochaines élections (communales, régionales, législatives...), l'extrême droite frontiste ne pourra y être présente, ni à Bruxelles ni en Wallonie. Ce qui ne pourra que profiter à l’ensemble de la classe politique belge.

Quant aux idées de Marine Le Pen, elles semblent bénéficier d’un certain succès dans nos régions : 10 % des Bruxellois et 12 % des Wallons, s’ils en avaient la possibilité, voteraient pour la dirigeante d’extrême droite à l’élection présidentielle française (). Les derniers sondages politiques confirment également la persistance d’un électorat favorable au FN.

Le frontisme national structurel est certes abattu, mais pas ses idées, ses slogans et sa relative assise électorale dans notre pays. Des voix sont donc à prendre. Mais qui tentera et arrivera à les capter ? La suite prochainement sur RésistanceS.be.

Manuel ABRAMOWICZ

L’AFP, la presse française  et RésistanceS.be


Voici ci-dessous la dépêche de l’Agence France presse (AFP), mise en ligne notamment sur les sites des quotidiens français Libération et Le Figaro, qui reprend l’avis de RésistanceS.be sur la fin du FN en Belgique.





RésistanceS.be dans Libération et Le Figaro © Doc. Ridaf

 

«Le FN belge privé d'identité

La justice belge a définitivement interdit ce jeudi à la mouvance d'extrême droite belge d'utiliser le nom Front national, à la demande du Front National en France qui souhaitait rompre ses relations avec son homologue belge miné par les divisions.

La cour d'appel de Liège a confirmé un jugement qui interdisait au Front national belge d'utiliser le nom, le sigle FN et son logo, fixant à 10 000 euros par jour l'astreinte en cas d'infraction, a rapporté l'agence de presse Belga.

La justice avait été saisie par le parti dirigé par Marine Le Pen, qui souhaitait mettre fin à une expérience lancée dans les années 80 pour faire bénéficier la mouvance belge de la popularité de Jean-Marie Le Pen.
Malgré l'absence de leader charismatique, le FN belge, fondé en 1985, avait réussi à séduire jusqu'à 8% des électeurs de Wallonie dans les années 90.

Son audience a depuis fortement reculé et il ne compte plus que quelques élus municipaux. Miné par les luttes intestines, il s'est en outre scindé en plusieurs formations concurrentes qui affirment toutes être «le réel FN».

La décision de justice «signifie que le FN belge et ses dissidences n'existent et n'existeront plus en Belgique. Ces derniers militants et partisans sont condamnés à la "groupusculisation" ou à la disparition politique», a réagi l'Observatoire belge de l'extrême droite sur son site Résistances.be.

Cette association engagée avait mis en lumière, dans plusieurs enquêtes, «les liens du FN réunifié belge avec un groupuscule national-solidariste belge lié en France à des mouvements d'extrême droite dissidents, concurrents et hostiles au Front national français et à sa présidente», rappelle-t-elle».
(AFP)

 

 

Note de la rédaction
Nous acceptons volontiers que nos informations soient reproduites. Nous souhaitons cependant que vous en citiez la source, en indiquant clairement qu'elles proviennent de ResistanceS.be, l'Observatoire belge de l'extrême droite.

 

© RésistanceS.be – web-journal de l'Observatoire belge de l'extrême droite – www.resistances.be – info@resistances.be – Article mis en ligne le 15 mars 2012. Réactualisé le 16 mars 2012.

 



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Le Front national belge :
DE SA CREATION A SA DISPARITION !

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(suite de nos articles sur le FN belge)

  • Etc etc.

 



Pour lire l’interview du politologue Jean-Yves Camus au sujet du Front national français CLIQUEZ ICI

 




Une enquête de Jean-Luc Defosset (ex-RTBF) à lire sur RésistanceS.be
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